jeudi 14 mai 2026

Une Vieille Histoire Caennaise

Deux Sur Une Banquette, une vieille histoire caennaise ... 1978/1982 ... la courte vie d'une association d'amis qui n'avait qu'un but : amener un peu de rock en concert dans une ville endormie à cette époque.

Endormie ? Pas totalement. La vague punk/new wave avait frappé la cité et surtout sa banlieue. Les groupes foisonnaient et remuaient (Bye Bye Turbin bien sûr, Scum Bags, RAS, Break-Up, etc...), Bubu secouait la MJC d'Hérouville-Saint-Clair avec des affiches alléchantes (Dogs, Bijou, Little Bob Story, Starshooter, Téléphone ...).

Dans d'autres genres, au même moment ou un peu avant ça, Les Alligators en vieux rocky, les progressifs de Pantin Cruel ou Choléra ou encore les folkeux d'Asgard traînaient dans les rues.

Mais dans la ville même, rien ou pas grand chose.

Une ligue révolutionnaire quelconque avait défoncé les portes du Palais des Sports lors du concert de Pink Floyd en 1972. Alors, silence dans les années qui suivirent. Les Autorités veillaient.

Puis, en 1975, le groupe anglais installé en France Backdenkel était monté sur la scène de la MJC du Chemin-Vert et surtout, surtout, l'immense Rory Gallagher avait enflammé le cinéma Concorde un dimanche après-midi de mai, le 4 exactement. Onze jours plus tard, le 15, le reformé Van Der Graaf Generator emplissait la même salle de son rock novateur, progressif diront certains.

Les années passent et les amis grandissent. Il est temps de s'y mettre. Ils s'y mettent.

Derniers jours de 1977, à l'instar des frères Wilson et du cousin Love à Los Angeles, mais sans aucun talent musical eux, deux frères et un cousin se lancent dans l'aventure. Novice mais motivée, la fine équipe, épaulée par des copines et des copains, décide de secouer le cocotier de la ville étudiante et d'organiser des concerts rock à Caen. Une association naît.

Personnage anodin d'un roman de Jack Kérouac, Epzébia est le nom choisi pour l'association. Il sonne bien et une chose est sûre, il ne dira rien à personne.

23 mars 1978, l’aventure débute avec un concert d’Edition Spéciale, groupe français de jazz-rock, au devenu mythique Hall Sorel. Oui, en cette année new wave, début des années post-punk, nous commençons par du jazz-rock ! Parce que nous n'avions peur de rien.

L’aventure durera 4 ans, à raison de 2 à 3 concerts par an. Se seront donc produits sur la scène du Hall Sorel, outre Édition Spéciale, François Béranger, Marquis de Sade, Dogs, The Saints, Suicide Roméo, Jo Lemaire + Flouze ou encore Wilko Johnson.

A chaque fois que c’est possible, c’est à dire très souvent, un groupe local est invité pour assurer la première partie. Bye Bye Turbin et Johnny Hess en furent.

Lassitude aidant, fonds à sec, l’aventure se termine en 1982 avec un concert du groupe anglais The Passions dans ce qui est alors l’ex-Concorde, racheté par la ville, et devant une audience clairsemée.

Nous essaierons de raconter tout ça ici. A notre rythme. C'est à dire, pas vite. Çà et d'autres choses encore selon nos humeurs, nos souvenirs, nos envies.


 

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